Dans son discours, le chef de l'État a posé les grandes lignes de la réforme des lycées. Il n'a en réalité rien annoncé de précis mais quelques éléments sont importants pour saisir le fil conducteur des réformes : développer d'un côté l'excellence et d'un autre les stages, c'est à dire une école à deux vitesses.


Sur le "rééquilibrage des filières"

Le président a dit qu'il voulait faire de la série littéraire (L) une "série d'excellence" en y rajoutant dans langues et peut être du droit, on ne sait pas encore si cela s'appliquera à toute la filière ou juste à une partie. Il a aussi parlé de la rénovation de la filière STI et de la revaloriser, idée présente dans les rapports Apparu et Descoings. Cette volonté de faire qu'il n'y ait pas qu'une seule "filière d'excellence" aura pour conséquence de former une élite dans plus de domaines pendant que les autres se contenteront de séries sans valeur conséquentes.


Sur "l'orientation"

Pour rendre l'orientation progressive, et diminuer les redoublements, couteux pour l'État, il est proposé de faire une classe de première "plus générale" et une classe de terminale "plus spécialisée" qui serait "plus connectée avec l'enseignement supérieur". Cela n'est pas très clair et veut tout et rien dire. On retrouve cette proposition dans le rapport Apparu, la spécialisation en terminale en lien avec l'enseignement supérieur signifie surtout que le choix de nos filières au lycée déterminera plus encore nos choix pour l'université. Le choix de l'orientation se fera donc au lycée et non pas à la fac. Ce qu'on appelle les "passerelles" entre les filières ont surtout pour objectifs d'empêcher les redoublements. Les rapports soulignent leur coût... Le réel objectif est de faire des économies en réorientant les élèves susceptibles de redoubler vers d'autres voies. La systématisation des stages pour les lycéens n'a bien sur aucun lien avec une quelconque "orientation". Il n'y a pas plus de précisons là dessus pour  l'instant. Ces stages permettrons surement, comme dans le supérieur, aux entreprises d'avoir accès à une main d'œuvre peu couteuse.


Sur "l'accompagnement personnalisé"

L'accompagnement personnalisé consisterait en deux heures par semaine pour approfondir les connaissances, combler les lacunes, donner des méthodes de travail etc... Là encore rien de précis, mais si on jette un coup d'œil sur les rapports, il y est préconisé que ces heures servent aussi à l'orientation ou à la découverte du monde du travail. Ces heures permettrons donc à ceux qui ont le plus de facilités d'avancer pour être préparés à l'excellence tandis que les autres bénéficieront au mieux d'une aide scolaire. Sarkozy précise que de toutes les façon la réforme se fera à moyens constants : du coup le seul moyen de mettre en œuvre ces deux heures de soutient est, soit de diminuer le nombres d'heures de cours, soit de faire faire des heures sup' aux profs.


Ce discours est, et on ne pouvait pas s'attendre à autre chose sur un sujet qui a fait autant polémique, une mascarade, de la poudre aux yeux pour faire comme si tout était parfaitement élaboré et que les problèmes des autres versions de la réforme avaient disparus. Ce n'est pas le cas. Le chef de l'État présentait la future réforme comme un moyen de réduire les inégalités sociales et de répondre aux attentes des jeunes. Ce n'est pas le cas. On le voit bien quand le gouvernement supprime 80 000 postes pour faire des économies. Mais aussi quand la seule réponse du gouvernement aux lycéens que se mobilisent est l'envoi de cars de CRS. La seule réelle préoccupation du gouvernement est de faire des économies sur le dos des lycéens, de casser nos garanties collectives sur le marché du travail et de faire taire ceux qui n'approuverait pas cela !


Plus que jamais il faut faire reculer cette réforme qui s'appliquera l'année prochaine pour toutes les classes : secondes, premières et terminales !

Il faut nous mobiliser si nous voulons un diplôme de qualité reconnu sur le marché du travail et qui nous offre un avenir potable.